Discours d’Alice Lacroix, représentante du corps étudiant et présidente de la Fédé, prononcé lors de la séance de Rentrée Académique de l’Université de Liège, le 25 septembre 2019.  

Monsieur le recteur, Madame la ministre de l’enseignement supérieur, Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités, bonjour.
Aujourd’hui, j’ai la chance d’inverser les rôles avec vous. Pour une fois dans un auditoire, c’est une étudiante qui se tient devant toute une foule de professeurs, entre autres bien sûr. Mais je vous rassure, ce que je vais dire n’est pas matière d’examen.
Si pour vous ce genre de phrase ne vous fait pas frissonner de bonheur c’est que ça fait un bout de temps que vous avez fini vos études. Personnellement, j’ai la tête encore plongée dans les miennes pour 3 ans si tout se passe bien pour moi.
3 ans pendant lesquels vous tous, peu importe le métier que vous pratiquez dans le monde universitaire, aurez une incidence sur l’environnement dans lequel j’évoluerai ainsi que tous les autres étudiants et étudiantes de l’Université de Liège.
Et ça parce que chacun d’entre vous tient entre ses mains l’opportunité d’apporter sa signature au plus beau des projets : celui de former les générations futures à faire société.
Voilà la mission que l’Université de Liège assume depuis 202 ans, en délivrant à ses étudiants un savoir, un savoir-être, un savoir-faire, et par-dessus tout, un esprit critique.
Mais dans l’imaginaire collectif, lorsqu’on se représente cette transmission de savoir entre université et étudiants, on pense directement aux amphithéâtres bondés, aux syllabus, aux TP, aux stages.
Et pourtant, il existe d ‘autres vecteurs d’enseignements dont notre université dispose qui ne se se trouvent ni dans ses auditoires, ni dans ses livres, et qui ne valent pour aucun crédit, mais auxquels on se doit d’accorder tout notre crédit.
L’un d’entre eux, c’est le fonctionnement-même de notre institution. Chacune des décisions qui y sont prises, chacun de ses rouages, sont des modèles. Parce que l’université est elle-même une micro-société, mais aussi l’incubatrice des futurs agents de ce monde, elle se doit à travers tout son système de répondre avec cohérence aux enjeux auxquels la société est et sera confrontée.
Toute université qui veille aux accès PMR est une leçon.
Toute université qui s’assure de fournir de la nourriture locale dans ses cantines est une leçon.
Tout ou toute professeur universitaire qui fait tout pour mener ses étudiants à la réussite, est une leçon.
Toute université qui mettrait toutes les aides en place pour les étudiants précarisés, ou victimes de discriminations, est une leçon.
Et dans un monde où de plus en plus de jeunes n’envisagent même plus d’avoir d’enfants par peur de les laisser dans un contexte climatique incertain, toute université qui ancrerait le développement durable dans ses habitudes, est une leçon.
Le troisième vecteur d’enseignement dont notre Université est pourvue réside dans tous les moyens mis en œuvre pour laisser libre cours à toutes les initiatives de ses quelques 23 000 étudiants et étudiantes. C’est à travers ces initiatives qu’ils apprennent la gestion, le travail d’équipe, la communication, l’assertivité, …
Chaque année, plus de 72 cercles étudiants animent la vie universitaire.
Parlons aussi de ces comités organisateurs, composés de 15 étudiants qui doivent jongler entre vie privée et cours, et qui parviennent à eux seuls à organiser des événements comme le bal ULiège ou l’Unifestival qui brassent à chaque édition des milliers d’intéressés.
Une Université qui laisse tant de place à la créativité de ses étudiants, c’est une leçon.
Cette année les 59 représentants étudiants et moi-même, à travers la Fédé, comptons assumer pleinement notre rôle de lien. Un lien établi entre ces 3 piliers de l’enseignement universitaire. Les cursus, le fonctionnement quotidien de l’ULiège, et ses initiatives étudiantes.
Et je peux vous dire que 60 étudiants qui consacrent autant de leur temps à l’université en plus de leurs cours, ce n’est pas du masochisme, c’est une leçon.